ÎLOT B2 - LYON CONFLUENCE
Lyon (69)
Lauréat concours 2015
en association avec : DIENER & DIENER ARCHITEKTEN et MICHEL DESVIGNE

Programme : 181 logements + 2 339 m² de bureaux + commerces/crèche
Surface : 12 040 m² SDP
Montant des travaux : 20 600 000 €HT
Maître d'ouvrage : OGIC
Dans la ville contemporaine où les bâtiments sont voués à se transformer, à changer d’usage de plus en plus rapidement, l’architecture doit permettre la reconversion, tant fonctionnelle que significative. La conception des immeubles est dictée par un principe commun : l’organisation spatiale veille à ne pas sceller le bâtiment à sa vocation initiale, ni affaiblir son caractère sensible.

«l’architecture, c’est ce qui fait les belles ruines.» (A. Perret)

Par l’adoption d’une stratégie structurelle forte, la « structure ruine » (porteurs réduits aux façades et noyaux), habiter et travailler deviennent des fonctions réversibles, adaptables et complémentaires. D’une part, en donnant aux étages une hauteur moyenne constante (3.3 m pour le B03), à l’image des immeubles de rapport, le bâtiment acquiert une capacité de transformations qui le rend durable, au profit de nouvelles qualités d’habitat. D’autre part, la fonction porteuse des façades leur confère une réelle épaisseur constructive qui induit, à son tour, une force expressive tangible. L’expression des bâtiments est ainsi déclinée en plusieurs degrés d’ouverture et d’ossature – de la figure de la grille aux larges fenêtres à l’apparence du mur percé – où se distinguent la diversité des logements. D’un point de vue urbanistique, l’îlot B2 se réfère à l’archétype du bloc traditionnel, aux contours déterminés, avec tous ses bâtiments qui viennent s’aligner sur la rue. L’unité des différents immeubles s’établit en nuances, selon trois postures clairement indentifiables :

Au premier plan, le grand bâtiment de l’esplanade François Mitterrand se présente comme la proue de la place monumentale, dont il complète le cadre avec les immeubles d’habitations A3 et l’hôtel de Région au sud-ouest. Il développe en ce sens une nouvelle forme de transparence et de profondeur. Sa façade se compose d’un système de colonnes et de balcons qui s’organisent sur une double hauteur d’étage, créant un effet sculptural monumental. Les colonnes adoptent une forme plastique qui instaure un jeu tridimensionnel perceptible à distance. Depuis le lointain, cet effet dynamique se distingue déjà comme une tension « interactive ». À proximité immédiate, les colonnes dévoilent des sensations physiques et spatiales encore plus tangibles, comme une subtile danse. Par ses balcons filants, l’immeuble B03 rayonne jusqu’au cœur d’ilot.

Dans la lignée des bâtiments industriels des années 50 et 60 de la Confluence, l’immeuble de bureaux B05 innove en réinterprétant le thème de l’orangerie. Construit en ossature bois et en murs préfabriqués de terre, il présente des arcades largement vitrées dont la transparence et l’ouverture soulignent clairement sa vocation attractive et génératrice d’activités urbaines. Les vitrines traversantes décloisonnent la cour, en même temps que la toiture végétalisée crée un véritable jardin suspendu.

Les trois immeubles de logements sociaux, en accession et de vie estudiantine, dessinent les « pièces de résistances » : en revisitant le tissu urbain traditionnel, ils prolongent la mémoire d’une écriture lyonnaise et la vision d’une ville cohérente.

Leurs façades adoptent une variation des ouvertures et des prolongements extérieurs, comme autant de nuances qui ont forgé le tissu historique de la ville. Cette architecture familière assure aussitôt une forte valeur urbaine à un site en pleine mutation. Il ne s’agit ni d’un catalogue d’objets autonomes où l’indépendance de chaque immeuble peinerait à former un tissu cohérent, ni d’un îlot uniforme qui tendrait à nier la richesse d’une mixité programmatique et d’une diversité architecturale. Cette prise de position confirme la reconnaissance de valeurs urbaines établies à une plus grande échelle que l’îlot projeté.